Ils repasseront par là…

parcours 2010 autour des artistes accueillis en résidence à la malterie

Laurence Nicola

Laurence Nicola

A la malterieBiographieLiens

Présentation de son travail

Pour appréhender le travail de l’artiste et vidéaste Laurence Nicola, peut-être faut-il se souvenir des plans radicaux du film Jeanne Dielman de Chantal Ackerman, et cette héroïne s’atomisant dans la litanie des tâches domestiques : Jeanne faisant le lit, Jeanne faisant la cuisine, Jeanne faisant la vaisselle ou l’amour lors de passes monnayées, avant que l’irruption de la jouissance ne fasse violemment dérailler son impeccable mécanique en forme de déni.

C’est sans doute à partir de cette opacité-là, et ses forces irrationnelles, qu’œuvre méticuleusement Laurence Nicola. Le cadre de son travail aussi est quotidien ou plus exactement, les scénarios qui commandent ses vidéos partent toujours d’objets quotidiens qu’elle réinvestit dans d’excentriques rituels. C’est du pain qu’elle coud comme on se raccommode, ce sont des centaines de bonnets dont elle se coiffe jusqu’au déraisonnable, c’est une baignoire emplie de lait dans la douceur duquel on s’immerge jusqu’au vertige, c’est la pente d’une baignoire sur laquelle elle grimpe et glisse_ Avant l’Everest : avant le plus dur.

C’est encore cette selle de vélo qu’elle enfourche au mépris des lois de la pesanteur, à moins qu’elle ne la retourne en un geste et nous la brandisse ainsi avec aplomb. Une simple manipulation, et cet objet à priori commun gagne une intensité insoupçonnée en dévoilant l’ambivalence de sa «nature» : fusée érectile à l’agressivité toute tendue de cuir noir côté pile, utérus ferrailleux comme enfer gynécologique côté face_ En selle Marcel!…Une prothèse propice aux jeux comme aux émotions contradictoires.

Les mises en scènes de Laurence Nicola parlent de nos séductions dangereuses, de la sinuosité de nos désirs, des tensions au fond tragi-comique que l’on opère envers et contre l’autre. Elles éprouvent comme explorent l’en soi du corps : sa mémoire, ses blessures, ses arrangements héroïques. Poétique et nu, têtu, cinglant, cet art provocant est en dernière instance éminemment charnel. Jeanne ne sera décidément plus jamais tranquille.

Après Jeanne Dielman, Céline Mallet, Professeur d’Art, en charge de la rubrique Image dans Magazine.

Biographie

Laurence Nicola, née en 1975 en Avignon (France), vit et travaille à Montreuil (93). En 2002 elle reçoit les félicitations du jury de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Cergy-Pontoise. La même année, elle obtient une résidence d’artiste à l’école Kaymon School of Art and Design of Séoul en Corée du Sud.

Dans le travail de Laurence Nicola, le corps est toujours présent, éprouvé. La mise en scène du corps est une matière première et un support qui lui permet de questionner l’altérité à travers des installations vidéos, des photos, des dessins. Le toucher est un mode d’approche privilégié dans ses recherches. La participation aux workshops de danseurs et de chorégraphes contemporains (Jean-Marc Matos, Brigitte Assenineau, Sylvie Bertomé, Jean-Christophe Parré, Laurence Rondoni, Yan Kopp et Alain Buffard) a nourri sa démarche.

Dans son parcours des structures soutiennent ses projets dans le cadre de résidence : la Galerie / Atelier L’H du Siège à Valenciennes (2005), la Malterie à Lille (2007), la Galerie Duchamp d’Yvetot (2008), Le jardin d’hélys-œuvre à Saint Médard d’Excideuil (24) en 2009.

En 2009, elle expose au théâtre Berthelot à Montreuil, au Jardin d’hélys dans le cadre de « l’Art est ouvert » en Dordogne. Elle participe également à l’exposition « La chair de l’objet » à la Galerie Villa des Tourelles à Nanterre et à la galerie Véronique Smagghe à Paris. En 2008 elle expose dans la Galerie Anton Weller, et à la Galerie Duchamp à Yvetot. A Lille dans l’exposition : « L’appât du grain » à l’espace le Carré. En 2007, au salon du dessin contemporain à Paris, après l’exposition « Tendre » au Château de Saint-Ouen, une carte blanche de Julie Legrand, Sophie Brossais l’invite parmi sa collection au Dispensaire à Bruxelles. En 2006, elle participe à « Unlimited Liability I et II » avec Michel Chevalier à Hambourg ; à « Viva ! Art Action » et « Echelle 1/1 » avec la Galerie Articule et Eric Létourneau à Montréal, Québec (2006 et 2007).

Elle a participé à deux expositions collectives avec Néphile au Barbizon (Paris 3e), à la Galerie ADM de Bois-Colombes (92) en 2005 et 2007; à la Galerie du Grand Wazoo d’Amiens (80) en 2004, à la Galerie Corinne Caminade (Paris 3e), à la Galerie la Vitrine (Paris 20e), et au Salon Jeune Création à la Grande Halle de la Villette (Paris 19e) en 2003. Dans le cadre d’un festival du film d’Art et Essais, elle montre des vidéos au Studio Pathé Albatros à Montreuil en 2005, au cinéma L’Entrepôt (Paris 14e) en 2003, à Nannay (58) « Ni vu ! ni connu ! » avec le centre d’art contemporain de Pougues-Les-Eaux en 2002.

A LA MALTERIE

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007.

Laurence Nicola - Résidence à la malterie 2007

Liens

http://www.laurencenicola.com/

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